
Speloncato, Haute-Corse (261 âmes), quatorze heures. Nous sommes assis sur des marches en pierre, fatigués par la randonnée matinale au Monte Tolu. La chaleur de ce début d’après-midi est accablante. Personne dans les rues, même les plus étroites et les plus ombragées. A l’exception d’une personne, Madeleine, l’enfant de Speloncato que nous ne connaissons pas encore.
Madeleine, c’est l’antithèse de la femme corse rurale de plus de 70 ans tel qu’on peut se la représenter dans l’imaginaire collectif (du continent). Elle n’est pas vêtue de noir, ni petite ni sèche, et encore moins taiseuse.
C’est tout le contraire. Elle est habillée de clair, affiche fièrement quatre-vingt-huit printemps et de très rares rides sur un visage avenant. Elle se tient bien droite et avance vers nous d’un pas lent parfaitement assuré.
Fidèle à ma technique, je lance une bouteille à la mer. Une fois parvenue à notre hauteur, je dis benoîtement : « Il est bien joli votre village. »
Elle est sensible au compliment et semblant particulièrement sans défiance à l’égard des « étrangers », elle entame la discussion : sa jeunesse à Speloncato, modeste, faite de jeux simples, de quelques descentes à l’Île-Rousse et de solidarité entre villageois.
La complicité est immédiate. Elle nous fait visiter son village, la maison de son petit neveu aux murs épais et dans laquelle la chaleur n’entre jamais. Et, preuve d’une complicité évidente, nous invite au mariage de sa petite nièce prévu la semaine suivante.
Nous ne pourrons malheureusement pas y participer car nous rentrons à Paris.
Qui a dit que les Corses ne sont pas accueillants ?
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