Mercredi 5 novembre 2025

C’est pas celui qu’on cherche…

« Putain on m’a revolé mon vélo »
La dépêche tombe sur les téléscripteurs à 7:05.
C’est Léa qui, via le groupe WhatsApp Lilou & Mam, nous fait part du dernier rebondissement concernant le vol de son vélo. Ce groupe est régulièrement un exutoire pour les trop-pleins de Léa. Ça je le sais, mais malgré tout, deux choses retiennent mon attention dans le message de ce matin.

Le « revolé » bien sûr. S’il s’était agi de plusieurs vélos, on aurait pu invoquer un acharnement du destin ou, pour le moins, un manque de chance. Mais s’agissant du même vélo, l’affaire est toute autre et pourrait relever d’une manifestation quasi surnaturelle : je disparais, je réapparais et je redisparais et je re-réapparais encore. Bref le genre de truc qui rend fou. Nous recommandons donc à Léa de mettre la main sur son vélo à la prochaine réapparition pour le monter dans son appartement et voir s’il continue de disparaître.

La deuxième chose qui m’interpelle dans le message de ce matin est sa structure : le « putain » servi en début phrase, sans virgule, avec tout qui s’enchaîne; du pur émotionnel, du brutal. Normalement un « putain » dénote une situation de profond désarroi. Mais dans le cas de ce « putain », je ne peux m’empêcher d’y voir aussi une forme de jubilation secrète, un « putain » synonyme de « ça n’arrive qu’à moi ».

Je me demande pourtant si cette interprétation est correcte et, par extension, si cette construction narrative dénote toujours le même état d’esprit. Je décide donc de passer en revue les derniers « putain » servis par Léa :
« Putain ça me soule », « Putain pas rassurant », « Putain », « Putain laisse tomber », « Putain un jour j’ai faillit gerber dans le tuktuk », « Putain m’en parle pas », « Putain je stresse maintenant !! », « Putain c’est bon d’être la comptable la bas », « Putain je te jure », « Putain quel bordel », « Putain je sens que Trump va gagner », « Putain j’ai dû manger avec un collègue que je déteste, un vrai facho », « Putain nous c’est l’horreur », « Putain kill me », « Putain je me suis effondrée ». Enfin !

A l’évidence, l’état d’esprit n’est jamais le même. Mais je garde le meilleur pour la fin car il nous touche, Agnès et moi, personnellement. Un « Putain » que nous interprétons comme le « Putain » de la plénitude et de l’aspiration comblée :
« Putain je vais au cinéma à l’heure des retraités là !! »

Mais je m’égare encore. Alors je préfère terminer cette note sur un rappel des bonnes pratiques à observer pour conserver son vélo intact à Genève comme à Lyon :

Guide des bonnes pratiques
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