Je choisis le commentaire de texte.
Bien que généralement plus à l’aise dans l’épreuve de la dissertation, je fais aujourd’hui exception à la règle et choisis cette option car le texte proposé m’inspire tout particulièrement.
Le texte est le suivant :
Meuf c’est la cata ! On m’a refusé sur l’onboarding de l’avion car sur mon visa ils ont inversé le L et R de mon numéro de passeport.
Donc apparemment ça rend le visa caduc… bref je suis hors de moi. En train de rentrer chez moi. Il faut que je repasse tôt à l’ambassade lundi pour demander une correction et ils peuvent faire ça sur papier. Je chopperai un avion dans l’aprèm il y en a plein, ce qui me ferait arriver à Bali mardi entre 14h et 20h selon le vols.
Je suis tellement vénère.
Adoptant la méthode classique, je commence par lire plusieurs fois ce texte magnifique pour essayer d’en déterminer le genre, le registre, le thème. Le texte n’est pas précisément daté mais on le situe généralement début XXIème grâce à l’identification de certains mots « marqueurs » tels que meuf ou vénère. Le genre, quant à lui, est à l’évidence narratif mais j’hésite encore sur le sous-genre : s’agit-il d’une épopée, d’un récit mythomaniaque ou d’un récit simplement factuel. L’étude psychologique de l’auteur ne peut malheureusement pas nous éclairer car son identité s’est perdue dans les méandres de l’histoire.
Sans plus d’éléments, partons sur le sous-genre épopée. Je crois que ce sous-genre est, de toute manière, plus positif car j’ai lu, quelque part, que les récits mythomaniaques révèlent généralement des intentions pathologiques dans un registre qui relève du clinique.
Epopée donc mais dans quel registre ? Lyrique ou tragique ?
Recherchons les mots qui plaident pour un registre lyrique montrant les émotions de l’auteur : « Je suis hors de moi », « Je suis tellement vénère*»
(* Expression en vieux français du XXIème siècle qui signifie énervé. Vénère = énervé en verlan où verlan signifie envers à l’envers; encore une curiosité linguistique du XXIème).
Et qu’est-ce qui plaiderait pour le registre tragique exprimant une fatalité, une fin inéluctable. Rien dans le texte.
C’est pourtant la lecture que je fais, sans raison apparente, de ce texte admirable traduisant la souffrance de l’auteur et la tension dramatique.
J’espère, un jour, lire la suite.
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