
Nous sommes à Toulouse pour les fêtes de Noël.
Il n’y aura pas de catastrophe cette année. Nous conjurons la malédiction qui veut qu’une calamité, biblique ou pas, s’abatte sur la famille tous les ans en cette période de fin d’année.
Mardi 23 décembre
Nous descendons en voiture. La route est bonne et approchons de la sortie Cahors Nord sur les coups de 12h30.
Quelle satisfaction lorsque les choses s’enchaînent parfaitement : on y pense… on fait tout pour que ça se réalise… et la concrétisation est là, devant nous, sur la table, avec cette magnifique omelette aux cèpes (pour moi), bien généreuse, et cette saucisse au foie gras accompagnée d’un goûteux écrasé de pommes de terre (pour Agnès).
La salle du restaurant est fermée en ce mois de décembre mais la direction, bien avisée, a placé quelques tables directement dans la boutique, offrant, outre la vue sur la vallée, une vue sur les confits de canards – l’oie est bannie chez la Mémé – et les pâtés 20 ou 50% foie gras. Un jeune prend tout particulièrement soin de nous, remplit nos verres d’un vin blanc 100% viognier de chez Janicot pour dégustation… et plus si affinité.
Et affinités, il y aura : avec la cuvée Le Bécasseau Matèle, avec le foie gras mi-cuit de 250g, avec des pâtés divers et variés au foie gras aussi. Bref, on y laisse, comme à chacun de nos passages, un billet de 250€.

Mercredi 24 décembre
Chloé arrive par le train-traîneau de 16h20, la hôte pleine de cadeaux.
Chloé est en pleine forme, contente de partager ces moments avec nous. Mais de manière inattendue, ces retrouvailles avec Chloé déclenchent chez Agnès un processus très particulier d’accaparement, de quasi confiscation de Chloé : l’univers se réduit instantanément à deux personnes, la parole devient un flot ininterrompu s’adressant exclusivement à Chloé. Le phénomène durera les trois jours de présence de Chloé à Toulouse.
Je comprends la situation et profite des rares moments de répit pour échanger avec Chloé.
Jeudi 25 décembre
La journée la plus étrange de l’année dont le programme est écrit à l’avance et qui se passe bien quand il ne se passe rien (d’imprévu). Cadeaux, agapes, marche digestive, le programme est immuable.
Commençons dans l’ordre : les cadeaux. Je reçois un livre, Amérique des écrivains en majesté – 2,150kg… au poids, ça doit être un bon livre. Agnès reçoit officiellement le pull Sézane que je lui ai acheté il y a un mois, Nanou reçoit une bougie Diptyque et Chloé une participation au fonds d’investissement Pergola 2026.
Puis viennent les agapes : foie gras de la Mémé et pintade aux airelles. Un incontournable qui arrache une moue à Chloé. Elle trouve, cette année encore, le plat principal trop exotique à son goût et délaissera les poires, les marrons et les airelles pour ne se concentrer que sur un petit morceau de blanc de pintade. Courageux.
Et enfin, la marche digestive, un périple des presque anciens de Toulouse. C’est un moment agréable partagé avec Chloé. Nous marchons sans but précis mais, comme par hasard, nos pas nous conduisent quai de la Daurade, place Saint-Pierre – mon moment d’évocation des débordements des années 80 chez Tonton -, à la fac de droit – le moment d’évocation par Agnès de l’IAE et de son troisième cycle -, à la cathédrale Saint-Sernin, au cinéma ABC de la rue Saint-Bernard. La température a baissé, 4 degrés, plus conforme à une fin d’année. Chloé écoute, s’amuse de nos souvenirs, évoque à son tour ses trois années toulousaines, ses envies, ses projets – Tiens, le sujet du Golden Retriever Rustique refait surface et inquiète Agnès. Nous évoquons les prochaines vacances, la présence, cet été, de Chloé à Calvi pour rédiger sa thèse. Les passants sont désœuvrés. Toulouse est paisible. Un fin crachin nous accompagne sur le chemin de retour.

Vendredi 26 décembre
Une autre journée étrange. Un entre-deux. Il faut faire quelque chose. Alors nous décidons de faire l’exposition Jean-Charles de Castelbajac du musée Les Abattoirs. Pleines de Toulousains encore désœuvrés, je passe rapidement les salles pour m’intéresser à l’exposition permanente – très limitée – et au salon de lecture où je ferme les yeux quelques minutes dans un fauteuil très accueillant.
Ah, j’ai oublié de mentionner que nous passerons ce soir notre troisième nuit à l’hôtel des Beaux Arts, une expérience esthétique très discutable que nous ne recommanderons pas forcément.

Samedi 27 décembre
Chloé nous quitte pour retrouver Vincent à Montpellier.
Cette présence de Chloé à nos côtés pendant trois jours aura été notre vrai cadeau de Noël.
A nouveau seuls à la maison, je les regarde. J’aime toujours les pommes de Pradal.

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