Jeudi 22 janvier
Nous sommes dans la gueule du loup. Situation théoriquement très inconfortable. Mais notre gueule à nous est tout au contraire accueillante et conviviale.
Chiara veille sur la salle. Vittorio veille sur la cuisine. Et la cuisine veille à produire des plats simples et authentiques, 100% italiens.
La salle est petite, flanquée de deux portes frigo vintage en bois, assorties de belles poignées glacières en métal qui, si elles ne sont pas uniquement décoratives, font penser que la salle fût, un temps, une boucherie.
Les tables sont rapprochées : on n’est pas là pour partager des confidences. Au contraire, notre discussion profite aux voisins et réciproquement. Surtout réciproquement.
Agnès a ses habitudes dans ce restaurant quand elle endosse le rôle de greeter pour faire visiter le quartier à ses copines. Alors elle commande sans hésitation une bresaola, una pizze bianche. Pour moi, ce sera une Puttanesca à base de Spianata piccante (charcuterie calabraise relevée) et de poivrons.
La gueule du loup se refermera sur un tiramisu généreux et deux expressos.
En partant, Chiara ne nous souhaite pas « In bocca al lupo » et je ne réponds pas « Crepi il lupo » car nous n’avons aucune échéance délicate dans les prochains jours qui justifierait que l’on nous souhaite bonne chance.
Et c’est très bien comme ça.

Nous remontons la rue Francoeur vers la rue Caulaincourt.
Sur le trottoir de gauche, à hauteur du numéro 6, nous passons devant La Fémis, l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son. En d’autres termes, l’école du cinéma français installée dans les anciens studios Pathé après avoir longtemps été hébergée au Palais de Tokyo.
Ce jour là, une grand-mère du quartier, visage diaphane, canne tripode, nous aborde alors que nous nous sommes arrêtés sur le trottoir pour admirer la magnifique grille de La Fémis ornée d’un grand PATHÉ CINÉMA en lettres dorées et vieillies : « Vous pouvez entrer et visiter si vous voulez ». Elle en est sûre. Elle le fait régulièrement lors de projections réservées aux habitants du quartier. Malheureusement pour nous, le vigile à l’entrée n’est pas de cet avis. Nous passons notre chemin.
L’autre curiosité de la rue Francoeur se situe au 27, quelques numéros plus bas. A ce numéro, croisement d’avec la rue des Saules, se situe la façade la plus étroite de Paris. Nous ne l’avons pu vue. Ce sera pour une prochaine fois.

Les lupi poursuivent leur chemin sur la rue Caulaincourt, tournent à gauche à hauteur du square Joël Le Tac pour emprunter l’avenue Junot.
Au 23 bis avenue Junot, nous nous arrêtons. Une grille ferme l’accès à une voie privée. Ce fût le lieu d’un conflit de haute intensité auquel Agnès pris part. Son récit mérite un aparté.
A suivre (…)
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