Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

— Te souvient-il de notre extase ancienne ?
— Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?

— Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? — Non.

— Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! — C’est possible.

Qu’il était bleu, le ciel, et grand l’espoir !
— L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Paul Verlaine
Colloque sentimental
, 1902

« Les mots ont un sens ! »
Après avoir cité les six premiers vers du poème Colloque sentimental, Marceau, le personnage de Bouli Lanners dans le film de Dominik Moll, La Nuit du 12, s’insurge et s’étonne : « Mais qu’est-ce qu’on vous apprend à l’école ?! »
Marceau est inspecteur de la PJ de Grenoble en charge de la résolution, avec le personnage de Bastien Bouillon, Yohan Vivès, du meurtre d’une jeune adolescente, Clara, brûlée vive. Dans cette enquête qui n’aboutira pas – comme 20% des 800 enquêtes ouvertes tous les ans pour homicide -, Marceau se heurtera à ses démons ainsi qu’à l’absurdité et à la vacuité de son travail.
Il craque et quitte la PJ.
Il voulait être professeur de Lettres.

(Tableau de Bouli Lanners en exergue)

Avatar de vincentnguyenvan

Publié par

Categories:

Laisser un commentaire