Chroniques corses #2 _ Instants volés

Dimanche 19 juillet

Sur les murs devant chez Mélissa
Y a tout plein d’inconnus
« Descendez, ça c’est défendu !
Oh, c’est indécent ! »
Elle crie mais bien entendu
Personne ne descend

Nous aussi on est sur le mur
C’lui de la citadelle
Pour regarder en contre bas
La scène et la mer

On y est. Comme d’autres inconnus, curieux ou inconditionnels, qui montés sur l’épais mur de la citadelle, volent un petit bout du concert de Julien Clerc.

Julien Clerc est, ce soir, l’invité de la Scéléné, le nouveau « amphithéâtre émergé » situé au pied de la citadelle.

Il chante Mélissa et ses autres succès. Il parle aussi. Beaucoup. À soixante dix-sept ans, on a beaucoup de souvenirs à partager. Il dit avoir un attachement tout particulier pour Calvi : l’éclosion d’une vocation.

A 17 ans, je suis parti en vacances à Calvi avec un copain. On était au camping, on passait nos journées sous la tente à écouter de la pop anglaise et du RnB sur un mange-disque et nos soirées au Sunset, une paillote sur la plage. Un soir, des musiciens ont débarqué : ils devaient chanter le lendemain au Bout du monde, un restaurant à quelques mètres de là, mais il leur manquait un chanteur et un bassiste. Je ne sais pas ce qui m’a pris, d’un coup, j’ai dit « Je peux chanter » alors que je n’avais jamais fait ça de ma vie ! J’ai appris les morceaux sous la tente et j’ai chanté avec eux chaque soir la semaine qui a suivi.

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