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Chroniques ariégeoises #1 _ Ax, terre courage

Dimanche 2 août 2026

Sur la route, nous nous sommes conditionnés et préparés. Mentalement, je veux dire. En prenant des engagements. En nous faisant des promesses. En anticipant les réponses, les attitudes face à toutes les situations, pénibles, exaspérantes, voire oppressantes auxquelles nous pourrions être confrontés. D’où qu’elles viennent.
En clair, notre objectif est de tenir la position, coûte que coûte, pendant nos deux semaines à Ax. Le tout, en donnant la meilleure image de nous-même.

En relisant mes notes, j’ai un peu honte de ce préambule. Pourquoi écrire de telles choses ? Partir à Ax comme on s’assigne une mission ? Ça ne devrait pas être le cas. Après tout, nous allons retrouver Nanou et nos amis, faire de bonnes grillades, profiter de la nature. Mais le doute tient justement dans la nature incertaine et fragile de cette promesse. L’expérience douloureuse de l’été dernier est encore bien présente dans nos esprits. Rien n’interdit qu’elle se reproduise cette année encore. Alors nous sommes prudents et préparons cette séquence à Ax comme une mission en terre hostile. Une mission qui, si elle est correctement menée, devrait nous libérer et nous permettre de passer à autre chose, la conscience tranquille (j’ai encore honte de cette autre pensée égoïste et saugrenue.)

Nanou va bien. Elle semble avoir bien intégré mes recommandations pour un séjour profitable et revigorant. Le mental suit aussi.
Et les amis ? Nous les retrouvons : Laurence, un avant-bras fracturé consécutif à une chute à vélo, Caroline, un œil au beurre noir consécutif à une rencontre malencontreuse avec une porte fermée, Medge, un pied qui ne supporte pas d’être posé au sol – ennuyeux s’agissant d’un pied – consécutif à on ne sait quoi. C’est la cour des miracles. Et j’en passe car Agnès est, à juste titre, préoccupée par un bouton situé sur son omoplate gauche dont la croissance est incontrôlée. Si j’avais à trouver une autre justification à notre préparation mentale, elle tiendrait dans ce constat d’hécatombe en partie anticipé. Jane Austen disait : « Quand on a envie de détester quelque chose, on n’est jamais à court de raisons.» Je n’ai pas beaucoup à me forcer pour dire que cette galerie d’éclopés nous mine dès notre arrivée.

Le bilan comptable de ces deux semaines : une rando de 1h30, une défaite au tournoi d’Ax, cinq runnings, un Pas de la Case, une maison de la santé, trois pharmacies, cinq barbecues, une plancha, trois pizzas et un apéritif.
Au delà du fait que cette liste constitue un point de comparaison pour l’année prochaine, elle nécessite quelques développements.
La randonnée de 1h30 au col du Chioula avec un dénivelé positif de 0 mètre – une performance en montagne – était le plus ambitieux dénominateur commun que les aventuriers qui ont accepté de nous accompagner ont trouvé. J’ai nommé Jean-Michel, Laurence et Caroline ; Medge étant bloqué à Ignaux pour cause d’engagement pris auprès de Sam pour sa sortie pipi.
La défaite d’Agnès au tournoi d’Ax. Je ne la commente pas. Je retiens simplement le commentaire d’après match tout en retenu de l’intéressée : « J’ai tout de même un peu mieux joué que l’année dernière, non ? » J’ai fait celui qui n’avait pas entendu la question.
La maison de la santé et les trois pharmacies : toutes dédiées au bouton d’omoplate d’Agnès dont j’ai parlé plus haut. Il sera la cause d’un départ d’Ax légèrement anticipé, préférant l’intervention d’un chirurgien dermatologue à celle d’un chirurgien orthopédique.

J’ai conscience que ces notes sont un brin désabusées. Mais le plus important est acquis : Nanou est dans une forme physique et morale qui a dépassé toutes nos espérances. Notre présence lui a fait extrêmement plaisir. Elle a « bien profité de nous », comme elle dit. Et là est l’essentiel.

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